FREDERIC MULLER

La guerre du format du livre?

Dans le fond, être amoureux de l’objet-livre, ce n’est pas aimer les auteurs mais les imprimeurs. Je commence avec une phrase qui va en agacer plus d’un, je sais. C’est mon côté polémiste à deux balles. La vérité, c’est que je suis moi aussi fou des livres. Je pourrais vivre dans une maison dont tous les murs sont couverts de bibliothèques débordantes. Je pourrais prendre des bains de livres. Je pourrais manger des livres. Je pourrais m’habiller en livre. Euh, est-ce que j’en fait trop? Je tenais juste à préciser mon amour de l’objet avant de me faire lapider par les fanatiques du papier. Suis comme vous! Mais, à bien y réfléchir, et malgré cet amour « inconditionnel », je me dis que je ne tiens pourtant pas à mener un combat contre le livre numérique, au contraire. Puisque vous le réclamez tant (ehm ehm), je vais vous faire part des réflexions qui m’ont mené à cette conclusion. La passion de la littérature se résume-t-elle à l’objet-livre? J’ai l’impression que la réponse est évidente mais je creuse un peu. Si ma passion du livre se résume à son esthétique, alors pourquoi ne pas collectionner des livres vides, avec de superbes couvertures mais remplis de pages blanches? Pourquoi ne pas […]

Le droit de ne pas finir un livre

Lorsque, avec des amis (en tout cas, avec des gens qui acceptent de me parler, c’est déjà pas mal), nous discutons de nos lectures, de nos derniers coups de cœur ou de nos derniers coups de gueule, j’ai remarqué que nous avions régulièrement un avis divergent sur un aspect précis de la lecture. Je revendique le droit de ne pas « continuer » un livre qui me déplaît et je me heurte souvent au courroux de mon interlocuteur dont l’opinion consiste à dire, en résumé, « non, faut toujours aller jusqu’au bout! ». Il y a donc deux écoles. Ça m’intéresse de creuser pourquoi. Je vous donne mon point de vue. Si vous voulez me donner le vôtre, ça m’intéresse beaucoup. Les irréductibles de la lecture au « finish du the end de la fin du terminus » dégainent à peu près toujours les mêmes arguments. Le premier, le plus pervers, car il flirte allègrement avec le principe (toujours très agréable) de la culpabilisation, invoque l’inattaquable « respect du travail d’autrui ».  En voilà du bel argument, scintillant de mille feux et solide comme un calcul rénale. Ne pas lire jusqu’au bout reviendrait en quelque sorte, toute proportion gardée, à cracher à la figure du malheureux auteur qui s’est cassé les ongles sur le clavier de […]

Non mais quel genre alors!

Quel est votre genre préféré? Les fans de poésie ou de théâtre ne m’en voudront pas, enfin je crois (avec ces hooligans, on ne sait jamais ;)), si je ne fais référence ici qu’aux catégories communément admises de la littérature romanesque. Si ça vous tente, vous pouvez vous frotter à cette question « très difficile » (toute proportion gardée, y a pas mort de chihuahua non plus) en répondant au sondage qui se trouve en bas/à droite du site. Perso, je me pose cette question parce que je culpabilise parfois (enfin, pas tant que ça non plus) d’avoir des goûts à ce point mal définis. Ca doit venir de mes lointaines origines teutonnes. Ce besoin vital de classer et de structurer les choses de manière précise, qui se trouve soudain confronté à mon indécision littéraire. L’envie aussi, sans doute, de devenir membre d’un club un peu « sélect ». Il y a les aficionados de la série noire, les adorateurs de l’auto-fiction, les frénétiques du roman historique, les fanatiques de la S-F, les passionnés de l’étude de mœurs… Et puis il y a ceux qui ne jurent que par tel ou tel éditeur ou qui ne lisent que les lauréats des grands concours, etc. Ces adulateurs ont leurs […]